19.12.2019Tourisme bien sûr. Mais aussi innovation, nouvelles technologies, agriculture

défis 2020-2021

La monoculture du tourisme, la construction à tout-va: c'est fini! Crans-Montana a des atouts qui lui permettent de développer d'autres secteurs d’activité et, ainsi, doper son économie. Focus sur quelques défis que s'est fixés le Conseil communal dans sa feuille de route 2020-2021.

«J'espère que Crans-Montana accueillera encore plus d'événements mondiaux comme le WorldXR Forum et attirera encore plus d'experts de renommée internationale dans différents domaines. Et espérons que des start-up s'installeront chez vous!», lance Otilia Barbuta, sur le chemin de son retour à San Francisco. Otilia Barbuta travaille pour le fonds d'investissement dans les nouvelles technologies de la société HP. Elle était cet automne au sommet des nouvelles technologies organisé à Crans-Montana.

Peut-être ne l'avez-vous pas remarqué: à côté du ski et du golf, toute une économie est en train de pousser chez nous!

La qualité de vie attire les start-up

Attirer et accompagner l'installation de PME et start-up, c'est un des défis que s'est fixés la Commune de Crans-Montana. «Nous sommes arrivés à la fin d'un cycle: la construction et la vente d'appartements, ce n'est plus l'avenir», fait remarquer Joseph Bonvin, responsable de la commission Développement économique. Avant même la fusion, les travaux avaient démarré pour diversifier le tissu économique de la région et mettre fin à la monoculture du tourisme. «Nous avons commencé par nous demander quel modèle économique, outre le tourisme, peut correspondre à Crans-Montana. L'innovation et les nouvelles technologies sont apparues comme des secteurs où nous pouvons mettre en avant nos atouts. Nous voulons créer des emplois à forte valeur ajoutée, avec des gens actifs à l'année, nous voulons accueillir des entreprises avec un gros potentiel de croissance. Et pour partir à leur conquête, nous avons créé un poste de délégué à l'économie.»

Rafal Hys, installé dans les bureaux de l'Association des Communes de Crans-Montana, est chargé de s'occuper de l'économie endogène et exogène. Son travail a déjà débouché sur l'installation de plusieurs start-up dans la région, dont deux sur le territoire de la commune de Crans-Montana (voir ci-après). «Je vise la génération Z, celle qui accorde de l'importance à la qualité de vie. Et à Crans-Montana, la qualité de vie, c'est un de nos gros atouts!», indique le délégué à l'économie. Ajoutez une connexion internet de haut débit, et vous pouvez attirer chez nous des PME et start-up en lien avec le monde entier!

Réfléchir et travailler ensemble

Le travail doit aussi se faire sur place pour garantir le maintien du tissu économique déjà existant, pour que les PME déjà installées chez nous profitent des conditions-cadres dont elles ont besoin. «Le départ du Centre valaisan de pneumologie montre que l'on n'est pas très bon dans l'anticipation: notre air pur n'a pas suffi à garder chez nous cette clinique spécialisée dans les maladies pulmonaires…» Et Joseph Bonvin de poursuivre en soulignant l'importance de pratiques exemplaires qui existent déjà chez nous. «On ne voit pas forcément les talents qui sont là. Il faut créer du lien entre les entreprises qui fonctionnent déjà bien: en partageant nos bonnes pratiques, nous sommes plus forts. C'est là aussi la tâche du délégué à l'économie.»

Il est un secteur où les conditions-cadres peuvent aider à garder l'économie dynamique: celui de l'hôtellerie. «Plusieurs hôtels ont dit ne plus réussir à être rentables et souhaitent activer une possibilité offerte par la loi en consacrant la moitié de leur établissement à des résidences secondaires. La Commune doit offrir à ces gens les conditions qui permettent de continuer leur métier. C'est le but du règlement de soutien à l’hôtellerie que nous allons créer», explique Joseph Bonvin.

Agriculture: les idées fusent!

Autre pan de l'économie où des défis se présentent: le secteur agricole. Dans le monde de l'agriculture, de la vigne et du vin, on parle désormais qualité plus que quantité, on réfléchit au développement de la vente directe de nos produits, de la mise en valeur des richesses du terroir.

Un Projet de développement régional (PDR) - avec pour objectif de valoriser les réseaux de mobilité - rassemble une douzaine de projets portés par des agriculteurs, des viticulteurs et des encaveurs. À la tête de la Commission agricole et du PDR intercommunal, Thibaud Beytrison souligne le dynamisme de ce secteur de l'économie et du vent nouveau amené par les nouvelles générations. «Nous avons réuni tous les acteurs et ils ont amené leurs idées et leurs projets. Notre vision va au-delà du territoire communal: il faut développer de synergies avec les autres communes. Et le dynamisme des jeunes a un effet boule de neige!»

Les Projets de développement régional ont pour mission de créer des liens avec d'autres secteurs économiques, notamment le tourisme. À Crans-Montana, le dossier sera déposé à la fin de l'année 2019. Si tout se passe bien, de l'argent du Canton du Valais et de la Berne fédérale viendra soutenir la concrétisation des projets présentés.

Un article paru dans Vu d’Ensemble décembre 2019