23.02.2022Biotope au lieu-dit «Tsan de la Pîrra»: nouvel étang pour crapauds, grenouilles rousses et tritons alpestres

La sauvegarde des batraciens fait partie des préoccupations de la Commune de Crans-Montana. Depuis 2015, elle met en place des actions de franchissement des routes pour que ceux-ci puissent gagner le lac de Combuissan en toute sécurité lors de leur migration printanière. Après le site des Briesses revitalisé en 2010 (et inscrit à l’inventaire des sites de reproduction des batraciens d’importance nationale), puis le bassin d’irrigation de Combuissan à Chermignon-d’en-Bas revitalisé en 2018, c’est au tour du futur biotope au lieu-dit Tsan de la Pîrra, sur l’un des axes de migration conduisant au lac de Combuissan, de faire l’objet d’aménagements. Objectif: offrir aux différentes espèces un site de reproduction de substitution de qualité.

 

Une mare en forme de huit

Ce nouveau biotope est constitué d’un grand étang bâché, dans lequel sont creusées deux mares qui se côtoient. Trois zones de profondeurs distinctes sont mises en place, allant de 20 cm à 1,5 mètre. Le niveau d’eau est fixe. Les rives sont modelées en pente douce, permettant ainsi à une végétation typique des zones humides de s’y installer.

Les matériaux excavés sont valorisés sur place dans le façonnage des rives et les pierres sont entassées sous forme de murger ou de blocs isolés autour et dans le plan d’eau.

La coupe de six arbres est nécessaire. Tout comme les matériaux d’excavation, bois et souches sont revalorisés sur place, ils sont posés autour et dans l’étang, offrant ainsi un refuge pour la petite faune.

 

Mise en eau printanière

Une fois l’aménagement terminé, les rives sont ensemencées avec un mélange adapté. Cette réalisation représentera un site de reproduction pour les crapauds communs, les grenouilles rousses et les tritons alpestres, déjà présents aux Briesses, et dans les étangs des Miriouges et de Tovachir.

La mise en eau se fera de manière ponctuelle au début du printemps, juste avant la saison de reproduction des batraciens. L’alimentation du biotope n’aura donc aucune incidence sur l’approvisionnement en eau pour l’agriculture. Elle s’effectuera grâce à une borne hydrante qui se trouve à proximité du site. Un trop-plein sera mis en place au sud-ouest du plan d’eau pour évacuer l’eau excédentaire dans le torrent. Des conduites d’irrigation situées sous le futur biotope humide seront déviées de manière à le contourner.

 

Éviter les noyades

D’autres mesures en faveur des batraciens seront réalisées. En effet, un réservoir et une petite retenue d’eau existent à proximité directe du biotope. Ils constituent actuellement un piège pour les batraciens, car ces espèces sont attirées par la présence de l’eau et tombent dans ces ouvrages sans pouvoir en ressortir. Un un treillis à mailles fines de 3 à 4 mm posé verticalement réduit les risques.

 

Plus-value écologique

Actuellement, le site est composé d’une prairie grasse et de retenues d’eau artificielles. Il présente une faible valeur écologique. Aussi, cette réalisation apportera une plus-value écologique significative pour les batraciens et pour tout un cortège d’espèces liées aux milieux humides. Les mesures d’aménagement ont déjà été approuvées par la Commune de Crans-Montana et le Service des forêts, de la nature et du paysage (SFNP).


Lutte contre les néophytes envahissantes

En même temps, des mesures de lutte contre la Berce du Caucase (une plante néophyte envahissante) devront être prises afin de l’éliminer. À terme, cet aménagement sera favorable pour la flore, puisqu’il favorise la colonisation des mares par un cortège floristique des milieux humides, dont la valeur écologique est plus élevée.

 

La surface de ces aménagements totalise 1440 m2 pour une surface d’eau de 250 m2. Les matériaux à excaver totalisent 130 m3, alors que le décapage des sols représente quelque 300 m2, soit environ 60 m3 de matériaux terreux. Le site se trouve à 2,1 km des Briesses.

C’est au bureau Drosera écologie appliquée SA qu’a été confiée l’élaboration du dossier d’autorisation. Les travaux, subventionnés par le Canton du Valais, ont démarré le 14 février 2022 et s’étendent sur trois semaines.


Par Dominique Suter

(Sur le même sujet, voir aussi l’article paru dans le numéro 8 du magazine Vue d’Ensemble de septembre-octobre 2021)

Un chantier vertueux

Les travaux font l’objet d’un Suivi Environnement de la Réalisation (SER). Le SER veillera au respect des mesures intégrées prévues et des dispositions légales, en particulier en ce qui concerne la remise en état du site, la gestion des matériaux et la protection des sols. Des produits absorbants les substances polluantes se trouvent en quantité suffisantes sur le chantier près des machines. L’accès se fait principalement par la route reliant la route principale au hameau de Tsandemièr, puis par la route en terre longeant le site à l’est. Afin de minimiser l’impact des machines sur le sol, cet accès est réduit à un tracé principal. Enfin, au vu de la faible valeur écologique de l’actuelle prairie, les impacts sur la flore et la végétation sont considérés comme faibles durant la phase de chantier.