24.01.2022Jeter moins et manger mieux: initiative pour une alimentation durable à Crans-Montana

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Notre système agroalimentaire menace aujourd’hui à la fois la santé humaine et la stabilité de notre planète. À Crans-Montana, deux consultantes apportent leur aide pour nous aider à jeter moins et manger mieux. Elles sont mandatées par l’Association des Communes de Crans-Montana (ACCM).

 

Nonante kilos: c’est la quantité de nourriture que nous, Suisses, jetons chaque année! L’Office fédéral de la statistique (OFS) nous dit qu’environ un tiers de notre alimentation n'est pas consommée. Et derrière ce que l’on jette, il y a toutes les ressources qui ont servi à la production et à la distribution d’un aliment: eau, terre, énergie, carburant, engrais, mais aussi pesticides, produits chimiques, matériaux d'emballage… Plus les denrées alimentaires sont perdues tard dans la chaîne de valeur, plus l'impact sur l'environnement est important. 

 

Du local dans l’assiette 

Pour Tora Löf et Maéva May, les fondatrices de l'agence Coos, il y a urgence. Les deux consultantes accompagnent des entreprises qui souhaitent être actrices du changement : «Cela fait trois ans que nous travaillons là-dessus professionnellement. Le système actuel est très linéaire. On va chercher des produits consommables très loin, on consomme beaucoup de produits d’origine animale, on génère énormément de déchets.» Eh oui, ce que l’on met dans nos assiettes a un impact sur l’environnement.  

L’alimentation de proximité, avec les produits du terroir notamment, doit logiquement être encouragée. Saviez-vous qu’un kilo de viande de bœuf produit 35,8 kg de CO2? En comparaison, une tomate, c’est 2,3 kg de CO2. Soyez rassuré: qui dit alimentation saine ne dit pas forcément juste des petites graines… «Il faut casser ces stéréotypes», nous disent les deux jeunes femmes. 

Tora Löf et Maéva May sont mandatées par les Communes de Crans-Montana, Icogne et Lens pour, dans un premier temps, étudier le fonctionnement des cuisines des institutions comme l’EMS Le Christ-Roi, la cantine des enfants à Fleurs de Champs, l’école hôtelière des à Bluche. «Nous faisons un état des lieux de toutes les actions durables déjà mises en place, et nous identifions les domaines qui nécessitent un appui et qui deviendront de potentiels projets pilotes. Outre le fait que nous avons comme objectif d’atteindre une meilleure durabilité, nous arrivons à réduire les pertes financières en limitant le gaspillage alimentaire, par exemple.» Car manger mieux a, aussi, un impact direct sur les finances. 

 

Climat et énergie dans l’assiette 

Pour Tora et Maéva, tous les corps de métier doivent pouvoir disposer des outils et connaissances leur permettant d’aller vers plus de durabilité, en générant moins de déchets, en proposant une alimentation saine pour nous et pour la Terre. «Nous constatons qu’il y a un décalage avec la formation que reçoivent par exemple les cuisiniers. La part qui est consacrée dans les réflexions mondiale et locale sur la durabilité est trop mince, on a pu le voir encore une fois lors de la COP 26 contre le réchauffement climatique en novembre 2021 à Glasgow.» 

Le contenu de notre assiette a un impact également sur transition énergétique: si la production de son bâtiment est durable, avec par exemple des panneaux solaires, cela a une influence sur la chaîne du froid. Les réflexions que mènent Tora et Maéva avec les entreprises sont larges: «Notre approche est transversale, il n'y a pas de solution unique ou de moyen simple qui permette de résoudre le problème du système alimentaire.»

 

Sondage de la population: jusqu’à fin février 2022

Les deux consultantes veulent connaître l’avis du grand public: elles ont mis en place un sondage de la population des communes du Haut-Plateau, qu’elle soit résidente à l’année ou juste de passage (ouvert jusqu’à fin février 2022). «Ce sondage va nous donner une image de la motivation des gens. Nous travaillons aussi à identifier les acteurs privés de la région - restaurateurs, hôteliers - qui sont motivés à s’engager dans cette démarche vers plus de durabilité.» 

Food Waste: une expo à voir aux Arsenaux à Sion du 7 au 24 février 2022

L’exposition itinérante «Food Waste» destinée à sensibiliser le public au gaspillage alimentaire est présentée en Valais jusqu’en février 2022. Didactique et ludique, l’exposition fournit des conseils pratiques pour la gestion quotidienne des aliments, de la planification d’un menu au recyclage des restes, en passant par les achats ou le stockage à la maison. Elle présente également des solutions simples afin d’éviter le gaspillage alimentaire. 

Cette action menée par le Service de l’environnement (SEN), en collaboration avec le Service de l’enseignement (SE) et l’association foodwaste.ch est destinée tant au grand public qu’aux élèves des Cycles d’orientation. 

À voir à Sion aux Arsenaux, Rue de Lausanne 45, du 7 février au 24 février 2022.