07.05.2021Prudence: avec l’arrivée du printemps, les chenilles reprennent leur procession

Qui n’a jamais vu ces petits nids soyeux accrochés au sommet des pins? Sous leur aspect plutôt sympathique se cache un des fléaux du printemps: les chenilles processionnaires. Leurs poils urticants, très dangereux notamment pour les chiens, imposent la destruction des nids dans les zones fréquentées, avant que leur lent exil ne commence. Il est important d’avertir les Triages forstiers lorsque vous en repérez!

 

Chaque année, c’est la même chose: avant les premières chaleurs, les forestiers se transforment en chasseurs. Leur tâche consiste à couper la branche, généralement la plus haute, sur laquelle les nids de chenilles processionnaires ont pris place. Une tâche loin d’être simple, les branches de pins n’étant pas réputées pour leur solidité! «Nous devons couramment utiliser une nacelle pour accéder aux nids», relève Didier Barras, responsable du service forestier au triage de la Louable Contrée, à Crans-Montana. «Nous intervenons sur les espaces publics des communes de Crans-Montana, Lens et Icogne, lorsque des promeneurs nous signalent des nids, ou d’office lorsque ceux-ci se trouvent près d’une zone fréquentée, par exemple près d’un espace de loisir. Chaque année, dès que les températures s’élèvent, il faut agir vite. Car les nids, qui peuvent abriter plusieurs centaines de chenilles, se vident rapidement».

Surtout ne pas toucher ces chenilles!

Pour en venir à bout, il faut impérativement se protéger les yeux, le visage, les mains… Aucune surface de peau ne doit être en contact avec ces chenilles, car leur corps est couvert de millions de petits poils urticants, comme autant de harpons qu’elles n’hésitent pas à lancer contre tout potentiel agresseur! Ce qui vaut aux chiens, qui lèchent leur pelage lors de contacts, de se retrouver amputés de leur langue qui se nécrose, quand ils ne doivent pas être euthanasiés dans le pire des cas.

«Sur notre secteur, qui couvre environ 1500 hectares de forêt, une vingtaine de nids sont détruits mécaniquement chaque année. J’ai observé, au fil des ans, que ces insectes sont non seulement de plus en plus nombreux, mais ils tendent aussi à s’installer de plus en altitude. L’année dernière, nous en avons trouvé à Plan Mayens, ce qui était une première!»

Des produits chimiques peuvent en venir à bout. Mais, par souci écologique, le garde forestier préfère intervenir mécaniquement, en coupant la portion de branche de pin colonisée et en la brûlant.

De la France jusqu’aux pins valaisans

Parties du sud de la France, les chenilles processionnaires remontent inexorablement vers le nord. Longues de 3 à 4 cm et de couleur brun roux, elles sont très velues. Une fois à terre, elles entament leur longue procession jusqu’à trouver un terrain meuble où s’enfouir pour y poursuivre leur développement. L’automne venu, elles sortiront de terre sous la forme de papillons de nuit et, après leur vol nuptial qui ne dure que quelques jours, les femelles iront choisir la branche de pin où elles pondront de 100 à 300 œufs, avant de mourir. Les chenilles se nourrissent la nuit des aiguilles de pin, et tissent leur nid de soie pour se préserver du froid. Une fois au sol, elles tissent des cocons individuels qui deviendront des chrysalides et, après plusieurs mois, voire plusieurs années, elles émergeront sous forme de papillon.

Mésanges et chauves-souris sont des prédateurs naturels des chenilles processionnaires: favorisons leur présence, car qui dit biodiversité dit équilibre entre les espèces!

Article paru dans Vue d’Ensemble – Dominique Suter

Triage forestier Sierre et Noble-Contrée

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